Jean-Pierre devient aujourd'hui président de l'académie du Vin de France, qui par ailleurs publie ce communiqué:
DEFENDONS LE VIN DE FRANCE ET PROTEGEONS SA DIMENSION CULTURELLE !
Pendant que les campagnes anti-alcoolique diabolisent le Vin de France en oubliant sa dimension culturelle, d’autres pays se l’approprient !
L'Académie du Vin de France a tenu sa réunion annuelle au Restaurant Laurent. Elle réunit de grands vignerons de France dont la réputation est connue dans le monde entier. Depuis 1933, date de sa création, elle a pour mission statutaire de défendre le vin de France.
Elle constate et regrette aujourd’hui que le vin devienne en France synonyme d'alcoolisme sous les coups de boutoirs de l'Etat Français qui, dans le cadre de son action de protection de la santé publique, au demeurant indispensable et légitime, a cru utile de diaboliser l'image et la consommation du vin de qualité, balayant au passage sa dimension culturelle.
Et pourtant ni l'ivresse, ni l'abstinence du vin ne font partie de la culture du vin !
Nous sommes en train d'assister à une dérive terriblement dangereuse à savoir que le vin ne soit plus quotidien mais occasionnel, que le vin de France ne soit associé qu'aux repas festifs, aux rituels et donc associé à des circonstances où l'on risque de trop boire et de donner raison à ses détracteurs.
Nous sommes en train de commettre une erreur à savoir: ce n'est pas la consommation qui est mauvaise, c'est la consommation excessive, alors que la consommation raisonnable est bonne pour la santé. Au nom du politiquement correct, personne n'ose le dire!. Les travaux qui vont dans ce sens sont pratiquement cachés comme s'ils étaient honteux.
Les dimensions culturelles et économiques du vin paraissent menacées. C'est aux membres de l'Académie du vin de France qu'il appartient de réagir et de jouer le rôle que sa sagesse lui confère.
Avec le pain, le vin est un symbole fort de notre culture française ! Ne laissons pas dilapider cet héritage ! L'Espagne a fait du vin un produit culturel. Pourquoi pas la France, championne toutes catégories de l'exception culturelle?
L'Académie estime aujourd'hui qu'il est de son devoir d'intervenir énergiquement auprès des pouvoirs publics, de la presse, des facultés de médecine etc… pour défendre la cause du vin.
Elle va organiser en 2005 un grand débat à Paris sur le thème "la France perd-elle sa culture du vin", auquel seront invités des vignerons, des chefs de cuisine, des médecins, des chercheurs, des écrivains, les gens du show-business ayant des vignobles etc…
En attendant, un forum va être créé sur Internet pour lancer le débat afin que le site devienne à terme un moyen de pression.
Commissaire chargé des relations avec la Presse et la Gastronomie :
Alain SENDERENS / Restaurant Lucas Carton
Trésorier : Philippe BOURGUIGNON / Restaurant Laurent
Secrétaire : Benoît FRANCE / Editions Benoît FRANCE
Vices Président : Aubert de VILLAINE / Domaine de la Romanée Conti
René ROUGIER / Château Simone
Président : Jean-Pierre PERRIN / Château de Beaucastel


Félicitation pour ce communiqué. Le vin français est une exception culturelle qu'il faut a tout prix protéger.
La position de l'Académie est bien sûr la mienne et que je partage depuis de nombreuses années avec mes lecteurs du journal Le Devoir au Québec. Ahhh... cette belle France que j'aime (j'y ai même épousé une parisienne!),comment se fait-il qu'Elle soit passer maître à se saborder de la sorte? Je la connais par ses vignobles et forcémment par ses cultures régionales d'une richesse inouïe et je ne supporte tout simplement pas qu'elle se fasse damner le pion à l'internationale. Ma seule consolation: avec l'École de femmes du vin qui verra le jour début 2005 à Paris, j'ose espérer à faire ma part pour le rayonnement des vins français auprès d'une clientelle qui sait la vraie valeur du patrimoine...
bien savoureusement,
Jean Aubry, auteur et chroniqueur vin
Bravo pour votre initiative ! Elle est majeure pour la défense de ce pan de culture française, que représente le vin et la gastronomie, défense de nos paysages et de notre environnement, et plus largement, protection de ce droit à la spécificité culturelle. L'éléctoralisme et les effets de manches politiques peuvent conduire à la diabolisation de métiers ou d'entreprises : déja vu, et tristement célèbre, quand la diabolisation s'étend à autre chose que le métier...
Sachons vivre le vin, comme nous devrions vivre le reste : avec goût, sans excès.
Bien cordialement,
Xavier NUSSBAUMER